Présentation de la « Clinique de la Concertation »

 

Présentation de la « Clinique de la Concertation »

par Jean-Marie Lemaire

Introduction 

La clinique de la concertation inaugure un dispositif thérapeutique[1] collectif encourageant des relations humaines plus fiables (familiales, interprofessionnelles, voire publiques). 

Ce dispositif est producteur de relations confidentielles justifiées et reconstructeur d’identités internes. Il constitue une figure particulière du travail thérapeutique de réseau. 

Il met en présence des familles qui vivent des détresses multiples et sévères, des professionnels de l’aide, du soin, de l’éducation et du contrôle directement concernés, de tels professionnels potentiellement concernés et d’autres non directement concernés. 

Le dispositif est activé dans le débat contradictoire convoqué par des détresses multiples, à la recherche du juste ou, plus modestement, du moins injuste, au sein des collectifs territoriaux de professionnels de l’aide, du soin, de l’éducation et du contrôle. Il installe un « Laboratoire d’éthique communicationnelle appliquée»[2] où s’inventent de nouvelles options pour les pratiques psychosociales parmi lesquelles les thérapies de réseau. Il s’agit d’y répérer comment s’articulent les conflits d’intérêts intrafamiliaux et les conflits de pouvoir, de compétence, voire de responsabilité entre professionnels et institutions, de travailler ensuite au remembrement des uns en s’appuyant sur les autres. La « Clinique de la Concertation » n’est en rien une coordination de consultations. Elle trouve ses étayages principaux dans l’ « Approche contextuelle » de I.Boszormenyi-Nagy qui inaugure l’éthique relationnelle comme dimension incontournable de la relation. 
Elle a été pratiquée dans les situations de détresses multiples et sévères, depuis 1996 en plusieurs lieux : Belgique, France, Kosovo, Albanie, Bosnie, Croatie, Algérie et Italie. 

Objectifs 

 

    • Répondre aux demandes des familles en 
      situations de détresses multiples.

 

    • Répondre aux demandes des professionnels 
      «déconcertés» par la fragmentation des interventions d’aide , de soin, d’éducation et de contrôle.

 

    • Améliorer les situations de détresses 
      multiples, par une pratique et une politique de «Travail en réseau», en partant des ressources humaines et relationnelles encore disponibles.

 

    • Elargir les zones de «légitimisation», de «reconnaissance», et de «considération», entre les membres des familles, entre les professionnels et les institutions, et entre usagers, professionnels et institutions.

 

    • Repérer et valoriser les ressources des réseaux relationnels, sans éviter les controverses.

 

    • Analyser la circulation des informations; distinguer l’information utile dans un débat contradictoire et productif.

 

    • Créer une « Clinique du relais » sur les 
      territoires concernés, en utilisant des zones de recouvrement entre professionnels et entre institutions activées par les détresses multiples.

 

    • Etablir les principes méthodologiques de la «Concertation Clinique» et de la «Clinique de la Concertation»

 

    • Pratiquer les thérapies de réseau.

 

 

En d’autres mots, il s’agit de favoriser la construction de lieux et de modalités pratiques pour la «Concertation» entre les différents professionnels de l’aide, du soin, de l’éducation et du contrôle qui appartiennent aux différentes institutions publiques et privées. «L’organisation du travail d’aide, de soin, d’éducation et de contrôle devient thérapeutique quand elle n’est plus séparée du travail d’aide, de soin, d’éducation et de contrôle» . Ces pratiques pourront se développer en s’appuyant sur le travail de coordination territorial, sur une valorisation mutuelle des professionnels et des institutions à la recherche d’une plus grande efficacité dans les interventions de gestion et de prévention des détresses multiples.



[1] L’essence de la thérapie et de tout rapport humain est d’augmenter la capacité de s’impliquer et d’avoir confiance.( Boszorményi- NagyI. in Loyautés Invisibles) 

[2] Ferry J.-M. (1987), Habermas: L’éthique de la Communication. 
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